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Le Yoga Intégral

De nombreux Auroviliens, et sans doute ceux qui sont venus à l’appel de la dimension spirituelle d’Auroville, pratiquent le Yoga Intégral décrit par Sri Aurobindo, et s’y référent naturellement dans leur vie quotidienne. Nous vous présentons ci-dessous quelques définitions préliminaires d‘expressions relatives à ce yoga:

 

Auroville et le Yoga Intégral


Quand on essaie de comprendre, d’expliquer Auroville, on aborde évidemment cette expérience avec les connaissances qui sont les nôtres : connaissances sociales puisqu’il s’agit de la création d’une nouvelle société, connaissances psychologiques puisque des êtres humains participent à ce projet et on ajoute à cela nos comportements culturels européens alors qu’Auroville est en Inde et a été initiée par un philosophe indien, Sri Aurobindo. Autant dire que l’on risque d’être dans la plus grande incompréhension surtout si l’on connaît peu ou mal la culture indienne et Sri Aurobindo.
Mais quel Sri Aurobindo ? Le révolutionnaire luttant pour la renaissance de la culture indienne, contre le colonialisme anglais, lutte qui le mena à être condamné à mort puis gracié et exilé à Pondichéry (territoire français), l’écrivain, le poète, qui produisit des pièces de théâtre, des romans et même des romans policiers, avant de passer la fin de sa vie à écrire son immense poème épique, initiatique et symbolique SAVITRI, ou le philosophe, qui essaya de trouver un lien entre la vision philosophique apprise lors de ses études anglaise et les textes sacrés de la cosmologie de l’Inde ancienne, ou encore le visionnaire de l’évolution, l’explorateur de l’âme humaine, le sociologue…etc. Aurobindo est multiple.
L’évolution :
Les scientifiques cherchent à découvrir nos origines et à suivre notre évolution depuis le Bing Bang jusqu’à nos jours. Faisons entièrement confiance à leur savoir, à leur probité et à leur passion. Mais notre parcours à nous commence après le leur. Parce que scientifiques, ils peuvent et doivent ne s’intéresser qu’aux observations passées, aux réalités de la vie et tenter de les expliquer par des théories chaque fois renouvelées. Mais nous, nous n’avons pas ce devoir de réalisme et nous pouvons rêver notre futur tout en restant les deux pieds dans le réel.
Sri Aurobindo pensait que si la vie avait évolué de la première molécule organique jusqu’à la complexité de l’homme d’aujourd’hui, il n’y avait aucune raison que cette évolution s’arrête à ce que nous sommes, ici et maintenant. Nous ne sommes pas l’espèce définitive et enfin parfaite à l’image d’un Dieu omniprésent et omniscient comme les religions monothéistes surtout et d’autres veulent nous le faire croire.
Il est de plus en plus indubitable pour la science moderne que le moteur de l’évolution physique des espèces est l’évolution de la conscience dans ces espèces. On sait aujourd’hui (et la théorie quantique nous en donne des preuves) qu’il y a de la conscience partout dans l’univers physique. Au début du siècle, Sri Aurobindo écrivait : il y a : « une conscience, dans les plantes, le métal ou l’atome dans tout ce qui appartient à la nature physique. »
Alors ? si nous ne sommes pas le bout de l’évolution, si cette évolution doit se poursuivre vers une autre espèce que la nôtre (pas un surhomme nietzschéen mais un « supra » humain), pourquoi ne participerions nous pas à ce changement puisqu’on sait que la conscience en est le moteur ?. Pour ce faire, il nous suffirait d’explorer cette conscience pour trouver les moyens d’en améliorer les facultés. Voilà une grande aventure ! Dans son poème Savitri, Aurobindo parlait déjà de « l’aventure de la conscience et de la joie »
Et c’est l’aventure d’Auroville.
Pour découvrir autre chose, il faut abandonner l’ancien mode de fonctionnement, ne pas hésiter, ne pas osciller. Il ne s’agit pas de s’amputer du mental, bien difficilement acquis au cours de l’évolution, mais d’aller plus loin vers un mieux faire plus vaste et un mieux être aussi. On croit à tort que ce travail, cette discipline sont douloureux, vous privent de quelque chose. C’est faux. « S’il cherchait quelque chose de froid, de morne, de douloureux… les sages ne seraient pas des sages mais des ânes. »
1/ Constat : On vit dans un vacarme intérieur sournois, un tourbillon d’idées épuisant ou il n’y a place que pour des pensées, des sentiments, des impulsions… une sorte d’agression  et son résultat, une pression intérieure permanente, ce qu’on appelle le stress
« En un mot nous ne sommes rien d’autre qu’une masse complexe d’habitudes mentales, nerveuses et physiques… un amalgame d’innombrables petites forces qui se répètent… »
2/ Premier travail du yogi : respirer au large.
Pour se faire il y a des moyens divers. La Méditation à partir de : mot de passe, mantra, image, visualisation (mer, air).
Attention ! ne pas pratiquer que dans le calme de sa chambre, de son cours de yoga, de sa maison de campagne ou d’expériences exceptionnelles comme lors d’un voyage en mer, d’une escapade en montagne d’un vol en planeur ou en parapente…. C’est dans la vie de tous les jours qu’il faut pratiquer.
Dès qu’on se met en route, le yoga, puisque tel est le nom de ces diverses disciplines, éveille une gamme de facultés latentes.
« Le Yoga n’est pas une manière de faire mais une manière d’être »
C’est à partir du silence de notre mental que l’expérience commence. Ce silence, on tente de l’obtenir en repoussant les idées qui viennent vers nous de l’extérieur de notre mental, en leur barrant l’entrée, avec calme, pas en force, en s’appuyant sur les techniques de méditations qui nous conviennent. La tranquillité, l’équanimité ainsi obtenue va devenir une force en nous.
Cette prise de conscience du fonctionnement de notre mental amènera SA à ce constat : « La conscience mental n’est qu’une gamme humaine et elle n’épuise pas toutes les gammes de conscience possible… »
Autre découverte d‘Aurobindo confirmée dans les sciences modernes : il y a « une conscience, dans les plantes, le métal ou l’atome dans tout ce qui appartient à la nature physique. » Et l’évolution des espèces est l’évolution de la conscience dans ces espèces.
Une fois le mental calmé, il faut s’attaquer au vital. Le vital est une force, un pouvoir comme le mental. C’est la force émotionnelle. C’est aussi le lieu de tous les mélanges : plaisir et souffrance, joie et peine, amour et haine… donc une source de difficultés, si bien que toutes les religions du monde  ont préféré faire une croix dessus : tout rejeter (ascèse, flagellation…). Mais tout rejeter c’est perdre de la force de vie. Le remède n’est pas de faire dépérir le vital mais de l’élargir. Car c’est « un excellent serviteur mais aussi un mauvais maître ».
Le pouvoir positif du vital c’est notre enthousiasme, nos élans d’amour et de compassion, nos élans du cœur. Mais ces élans qui sont comme une poussée, une force qui nous fait agir, sont freinés et éteints par des habitudes, des contraintes sociales, des peurs…. Il nous faut redécouvrir cette force vitale vierge, cet être au fond de nous, ce soutien, cette référence, cette invulnérabilité… : « Elle s’élargit et fait sortir ce qui vit, éveillant quelqu’un qui était mort » dit le Rig Véda.
 « Le corps est le lieu du travail »
avait coutume de dire SA. La pacification du corps peut se faire par le Hatha Yoga, les méditations, le pranayama…, tout peut servir. Mais la tâche est bien simplifiée si la conscience est libérée par la mise au silence du mental pensant qui mouline les pensées, du mental vital qui justifie nos désirs, nos sentiments, du mental physique qui s’affole à la moindre égratignure, qui déteste la nouveauté, qui répète, répète en nous…Le tumulte intérieur est source de maladies et d’accidents. C’est dans le silence intérieur que la conscience VOIT.
Au bout de ces découvertes, une question se pose donc : Si le mental n’est pas NOUS puisque NOS pensées viennent d’ailleurs, si notre vital n’est pas nous pour les mêmes raisons et si notre corps vient lui aussi de composants chimiques et physiques qui viennent de la matière universelle et qui obéissent à des lois plus grandes que les nôtres, qui est donc ce JE qui es là, même si tout le reste s’écroule ? Il y aurait donc en nous un centre individuel que SA appelle être psychique.
Le Rig Veda dit : « il est dedans comme un enfant qui doit naître ».
Dans Savitri, SA le décrit comme :
« Un espace ensoleillé où tout est à jamais connu »
Et les Vedas et les Upanishads disent de lui :
« Un être conscient est au centre de moi, qui gouverne le passé et le futur, il est comme un feu sans fumée… cela il faut le dégager avec patience de son propre corps »  C’est lui « l’enfant enfermé dans la caverne secrète », « le fils du ciel par le corps de la terre », « lui qui est éveillé dans ceux qui dorment »,  « Il est là au milieu de la demeure, comme la vie et comme le souffle de notre existence, comme notre enfant éternel ».
Mais
la découverte de son être psychique, ce qu’on appelle la « réalisation psychique », n’est pas une fin en soi, c’est juste le début du voyage… Mais nous avons désormais les outils nécessaires pour continuer la découverte et l’épanouissement de la conscience.

Last Updated (Saturday, 30 May 2009 14:20)