Home > AVI Centres > France > Auroville: Introduction

Introduction à Auroville

Auroville est un lieu en l’Inde du sud où, depuis plus de quarante ans, un nombre croissant de femmes et d’hommes du monde entier travaillent à la construction d’une nouvelle ville, d’une nouvelle façon de vivre, d’une nouvelle façon d’être.
« L’homme est un être de transition. L’évolution n’est pas terminée. La raison n’est pas le dernier mot, et l’animal raisonnant n’est pas le personnage suprême de la Nature, » observe Sri Aurobindo. « Il y a quelque chose qu’il n’est pas encore, mais qu’il doit devenir; il tend toujours vers ce quelque chose encore non réalisé; toute sa vie et sa nature sont une préparation, un effort de la nature vers ce qui le dépasse »

Auroville a pour ambition d’être un instrument actif de cette poussée évolutive et, finalement, un laboratoire pour la transformation.


 
S’établir

Cette expérience, avec son vaste objectif, est devenue un point d’attraction dès son inauguration en 1968. Aujourd’hui, le projet d’Auroville est solidement établi, ayant trouvé les moyens de collaborer avec les villages de sa région biogéographique, avec les autorités indiennes, ainsi qu’avec de nombreuses organisations non-gouvernementales et institutions mondiales. 

Mais l’expérience véritable commence à peine.

 

Garder la vision

Les 2000 résidents actuels d’Auroville, originaires de quelque 40 pays, sont conscients du fait qu’ils ne peuvent peut-être pas encore répondre au but élevé du projet. Dans l’immédiat ils concentrent leurs énergies sur les aspects de l’expérience qui peuvent être mis en œuvre actuellement : sur le plan personnel, poursuivre le travail dans leur yoga, et sur le plan général, mettre en œuvre tout ce qui est possible pour rendre la société d’Auroville en accord avec ses buts.


 
Les défis

Les défis sont les mêmes que pour tous ceux qui tentent d’aborder la vie d’une manière plus consciente mais à Auroville il faut en plus :

- planifier et construire une ville pour une société idéale en devenir,

- encourager la population environnante de la région biogéographique d’Auroville à collaborer au projet,

- réfléchir et mettre en œuvre une éducation en rapport avec les valeurs de cette société en devenir qui respecte l’individualité profonde de chaque enfant,

- organiser une vie collective sans structures d’autorité,

- manifester la beauté dans toutes les facettes de la vie, permettre à chacun de découvrir ses possibilités artistiques,

- gérer consciemment, sagement et justement la grande variété de ressources disponibles,

- mettre à disposition des auroviliens toutes les formes de médecines des plus conventionnelles aux plus holistiques,

- avoir un rapport juste et vrai avec la terre,

- exprimer d’une manière artistique les nouvelles réalités intérieures.


 
Le défi principal

A la base de tout ceci se trouve le défi majeur de vivre une unité humaine active et vivante.

Par leur choix même d’être ici, les auroviliens s’engagent à contribuer à la création d’une “ville universelle ou hommes et femmes de tous pays puissent vivre en paix et dans une harmonie progressive, en dehors de toute croyance, toute politique et toute nationalité.” Ils sont conscients que “ le but d’Auroville est de réaliser l’unité humaine” afin que finalement, notre espèce puisse progresser.

Il a souvent été dit qu’Auroville est comme un microcosme du monde. Cela est vrai. Dans le projet aurovilien, toutes les polarités de la société mondiale se trouvent virtuellement représentées, avec, en plus, les inévitables tensions subtiles qui en résultent.


 
Le grand creuset

Par exemple : il y a ici des hommes, des femmes et des enfants qui représentent la différence entre l’Est et l’Ouest, la division entre le Nord et le Sud, toutes sortes d’arrières plans religieux et culturels ; Il y a les riches et les pauvres, les lettrés et les illettrés, les raffinés et les plus frustres ; il y a des gens de couleurs différentes, venant de villages, de villes et de métropoles, de sociétés démocratiques ou socialistes, de pays développés ou en voie de développement ; certains êtres sont d’un rapport facile, d’autres moins ; certains sont des travailleurs durs, d’autres sont plus indolents ; tous avec des préférences et des priorités différentes, chacun allant son chemin ; Il y a les fumeurs et les non-fumeurs, les buveurs et les non-buveurs d’alcool, les végétariens et les non-végétariens ; ceux qui méditent et ceux qui ne méditent pas ; les bureaucrates, les habitants de la forêt, etc.. Néanmoins, ils ont ceci  en commun : ils se sont tous volontairement placés dans ce creuset qu’est Auroville, et ils cherchent à trouver une solution à leurs différences, d’une façon nouvelle et plus noble, en acceptant de se changer eux-mêmes, plutôt que d’essayer de changer les autres, tout en essayant de réaliser l’idéal de l’unité humaine dans la diversité.

Se changer, cela ne veut pas dire essayer de devenir tous semblables. Ce serait un genre d’uniformité dans la conformité. Ce qu’Auroville essaye d’atteindre est tout à fait différent : accepter et permettre la diversité riche et merveilleuse de l’humanité, fleurir dans une liberté complète, en réalisant cependant une unité intérieure et en faisant l’expérience d’une société harmonieuse. Parfois le mélange humain semble excessif, et trop complexe à la fois, tandis que les tensions cachées montent à la surface, et les vieux modes de comportement l’emportent ; mais en fait c’est parfait, c’est ainsi que cela doit être si Auroville veut être une expérience valable et représentative de l’humanité dans son ensemble.

 

La Mère

Voici des extraits de ce que la Mère a proposé pour être un « vrai Aurovilien ».

1. La première nécessité est la découverte intérieure pour savoir ce que l'on est vraiment derrière les apparences sociales, morales, culturelles, raciales, héréditaires. Au centre il y a un être libre, vaste, connaissant, qui s'offre à notre découverte et qui doit devenir le centre agissant de notre être et de notre vie à Auroville.


2. On vit à Auroville pour être libre des conventions morales et sociales ; mais cette liberté ne doit pas être un nouvel esclavage à l'ego, à ses désirs et ses ambitions. L'accomplissement des désirs barre la route à la découverte intérieure, qui ne peut s'accomplir que dans la paix et la transparence du parfait désintéressement.


3. L'Aurovilien doit perdre le sens de la possession personnelle. Pour notre passage dans le monde matériel, ce qui est indispensable à notre vie et à notre action est mis à notre disposition suivant la place que nous devons occuper. Plus nous sommes consciemment en rapport avec notre être intérieur, plus les moyens exacts nous sont donnés.


4. Le travail, même manuel, est une chose indispensable à la découverte intérieure. Si l'on ne travaille pas, si l'on ne met pas sa conscience dans la matière, celle-ci ne se développera jamais. Laisser la conscience organiser un peu de matière à travers son corps, est très bon. Mettre de l'ordre autour de soi, aide à mettre de l'ordre en soi.

On doit organiser sa vie, non pas selon des règles extérieures et artificielles, mais selon une conscience organisée intérieure, parce que si on laisse la vie sans lui imposer le contrôle de la conscience supérieure, elle devient flottante et inexpressive. C'est gaspiller son temps, dans ce sens que la matière reste sans utilisation consciente.


5. La terre tout entière doit se préparer à l'avènement de l'espèce nouvelle, et Auroville veut travailler consciemment à hâter cet avènement.


6. Peu à peu, nous sera révélé ce que doit être cette espèce nouvelle, et en attendant, le meilleur moyen est de se consacrer entièrement au Divin.


7. La seule vraie liberté est celle qu’on obtient par l’union avec le Divin. On ne peut s’unir au Divin qu’en maîtrisant son ego.

La Mère a aussi décrit un rêve qu’elle eut dans les années 50. Voici ce texte :

"Il devrait y avoir quelque part sur la terre un lieu dont aucune nation n'aurait le droit de dire : "il est à moi", où tout homme de bonne volonté ayant une aspiration sincère pourrait vivre librement comme un citoyen du monde et n'obéir qu'à une seule autorité, celle de la suprême vérité ; un lieu de paix, de concorde, d'harmonie, où tous les instincts guerrier de l'homme seraient exclusivement pour vaincre les causes de ses souffrances, de ses misères, pour surmonter ses faiblesses et ses ignorances, pour triompher de ses limitations et de ses incapacités ; un lieu où les besoins de l'esprit et le soucis du progrès primeraient la satisfaction des désirs et des passions, la recherche des plaisirs et de la jouissance matérielle.
Dans cet endroit, les enfants pourraient croître et se développer intégralement sans perdre contact avec leur âme ; l'instruction serait donnée, non en vue de passer des examens ou d'obtenir des certificats et des postes, mais pour enrichir les facultés existantes et en faire naître de nouvelles.
Dans ce lieu, les titres et les situations seraient remplacés par les occasions de servir et d'organiser ; il y serait pourvu au besoin du corps également pour tous, et la supériorité intellectuelle, morale et spirituelle se traduirait dans l'organisation générale, non par une augmentation des plaisirs et des pouvoirs de la vie, mais par un accroissement des devoirs et des responsabilités.
La beauté sous toutes ses formes artistiques, peinture, sculpture, musique, littérature, serait accessible à tous également - la faculté de participer aux joies qu'elle donne étant limitée uniquement par la capacité de chacun et non par la position sociale ou financière.
Car dans ce lieu idéal, l'argent ne serait plus le souverain seigneur ; la valeur individuelle aurait une importance très supérieure à celle des richesses matérielles et de la position sociale. Le travail n'y serait pas le moyen de gagner sa vie, mais le moyen de s'exprimer et de développer ses capacités et ses possibilités, tout en rendant service à l'ensemble du groupe, qui, de son côté, pourvoirait aux besoins de l'existence et au cadre d'action de chacun.
En résumé, ce serait un endroit où les relations entre êtres humains, qui sont d'ordinaire presque exclusivement basées sur la concurrence et la lutte, seraient remplacées par des relations d'émulation pour bien faire, de collaboration et de réelle fraternité."

 

Lors de l’inauguration d’Auroville le 18 février 1968,la voix de la Mère, retransmise sur toutes les radios de l’Inde, énonçait les 4 Points de la Charte d’Auroville qu’elle avait écrite :


1. Auroville n'appartient à personne en particulier.
Auroville appartient à toute l'humanité dans son ensemble
Mais pour séjourner à Auroville, il faut être
le serviteur volontaire de la Conscience Divine.
2. Auroville sera le lieu de l'éducation perpétuelle,
du progrès constant, et d'une jeunesse
qui ne vieillit point.
3. Auroville veut être le pont entre le passé et l'avenir.
Profitant de toutes les découvertes
extérieures et intérieures,
elle veut hardiment s'élancer vers les réalisations futures.
4. Auroville sera le lieu des recherches
matérielles et spirituelles
pour donner un corps vivant à une unité humaine concrète.

The Mother

 

 

Last Updated (Saturday, 30 May 2009 13:42)